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Posted On avril 5, 2017 By In PAYS, Photo galerie, République démocratique du Congo, SLIDER, VIDÈO&PHOTO With 528 Views

RD Congo: Kabila nomme un Premier ministre dans 48 h

Kinshasa (AFP)


Le président Joseph Kabila a annoncé mercredi la nomination dans les 48 heures d’un nouveau Premier ministre pour diriger la transition en République démocratique du Congo, une décision qui, en l’absence de consensus, risque de plonger le pays dans une zone de turbulence.
“Le Premier ministre sera impérativement nommé dans les 48 heures”, a annoncé au Congrès M. Kabila qui a invité le Rassemblement, la coalition créée par l’opposant historique défunt Étienne Tshisekedi, “à surmonter ses querelles intestines” et à lui présenter “une liste des candidats” au poste de Premier ministre.
“Nous attendons que le président Kabila donne suite à la demande d’audience du président du Rassemblement pour discuter de la question du Premier ministre. C’est lui et sa majorité qui entretiennent la confusion”, a ensuite commenté auprès de l’AFP Christophe Lutundula, un porte-parole du Rassemblement.
Le 31 décembre dernier, la majorité et l’opposition ont signé, sous l’égide de l’épiscopat congolais, un accord de cogestion du pays après l’expiration du mandat de M. Kabila, le 20 décembre 2016 dans un climat de violence.
Cet accord prévoit le maintien de M. Kabila à la tête du pays jusqu’à l’entrée en fonction d’un successeur élu lors d’une présidentielle prévue avant fin 2017 et la désignation d’un Premier ministre par le Rassemblement.
Trois mois après sa signature, la formation d’un gouvernement élargi n’est toujours pas chose faite, rendant hypothétique la tenue des scrutins dans le temps convenu.
“Les élections auront bel et bien lieu”, a dit M. Kabila, mais “aucune ingérence étrangère ni dans son pilotage moins encore dans son déroulement ne sera tolérée”, a-t-il averti.
-‘Zone de turbulence’-
“Le président Kabila entretient le flou absolu sur la question électorale. Il ne donne aucune échéance à l’organisation des scrutins”, a déploré l’opposant Lutundula.
Lundi et mardi, M. Kabila a consulté des responsables politiques sur les deux points de blocage de l’application de l’accord de la Saint Sylvestre : les modalités de désignation par le Rassemblement du nouveau Premier ministre et le choix de la personnalité devant présider au Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).
Ce poste était initialement attribué à M. Tshisekedi, décédé le 1er février à Bruxelles à 84 ans. Mais l’opposition qui avait retrouvé un semblant d’unité est désunie.
M. Kabila et sa majorité exigent du Rassemblement la présentation d’une liste de trois candidats Premier ministre mais la coalition d’opposition s’en tient à la présentation d’un seul nom en vue de son entérinement par le chef de l’État.
Pour le CNSA, la question reste entière. Le Rassemblement compte désormais deux tendances. La plus importante, celle dirigée par Félix Tshisekedi, fils d’Étienne Tshisekedi, a décliné l’invitation de M. Kabila, jugeant “inappropriée” les consultations de lundi et mardi.
Si les divergences au sein du Rassemblement ne sont pas réglées “nous entrerons dans une zone de turbulence”, a averti le député de la majorité Henri-Thomas Lokondo.
Pour M. Lokondo, le groupe dirigé par Félix Tshisekedi devrait “faire un effort de réalisme, d’humilité, du patriotisme” pour sortir le pays de la crise.
-‘Des liens clairs’-
M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.
Son discours, le premier après l’expiration de son mandat le 20 décembre, s’est tenu dans une ambiance électrique, plusieurs centaines des militants de la majorité chantant à la gloire du “Raïs” (surnom de leur champion), scandant : “Que celui qui ne veut pas de Kabila quitte le Congo”.
La Mission de l’ONU en RDC (Monusco) a estimé, mercredi dans un communiqué qu'”il existe des liens clairs entre les violences dans les provinces du Kasaï et le retard dans la mise en application de l’accord du 31 décembre”.
La région du Kasaï, au centre de la RDC et fief de l’UDPS (opposition), est le théâtre d’une rébellion qui a fait des centaines de morts depuis septembre, parmi lesquels deux experts de l’ONU qui enquêtaient sur ces violences.
“Ce n’est pas un fait du hasard que l’escalade des violences ait coïncidé avec l’évolution politique récente à Kinshasa”, ajoute le document. Le chef de la Monusco, Maman Sidikou, “exhorte toutes les parties à trouver rapidement un compromis qui permette la mise en œuvre totale de l’accord et la tenue des élections pacifiques en décembre”.

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