Kinshasa, 30 juil 2017 (AFP)

L’opposant Moïse Katumbi a soutenu l’appel à manifester lundi lancé par le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) qui demande le départ du président Joseph Kabila et l’organisation d’élections fin 2017 en République démocratique du Congo.
« Cet homme est seul, nous sommes 80 millions », a écrit dans un communiqué M. Katumbi au sujet du président Kabila, dont le deuxième mandat selon l’actuelle Constitution a pris fin le 20 décembre et qui ne peut pas se représenter.
Cette manifestation a pour but d’exiger de la Céni (commission électorale) la publication d’un « calendrier électoral tenant compte du délai de décembre 2017 et rappeler qu’avec ou sans élections, le président Kabila n’aura pas un seul jour de plus au pouvoir au-delà de décembre 2017 », a indiqué Lucha dans un message parvenu à l’AFP.
Le 17 juillet, Lucha avait appelé toute la population à une « marche pacifique » le lundi 31 juillet « pour dire non à la présidence à vie de M. Kabila et exiger les élections avant la fin de cette année 2017 ».
Candidat déclaré à la présidentielle, M. Katumbi a par ailleurs précisé qu’il s’inscrivait « totalement et sans réserve dans la ligne adoptée par le +Rassemblement+ », dans sa lettre datée du 29 juillet à Bruxelles où il réside.
Cette plateforme politique, qui rassemble ses proches à Kinshasa et le parti historique d’opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a dévoilé la semaine dernière son propre calendrier d’actions contre Kabila: deux journées « villes mortes » les 8 et 9 août, des meetings le 20 août et un appel à la désobéissance civile à partir du 1er octobre.
Des élections doivent être organisées d’ici à la fin de cette année, conformément à un accord conclu le 31 décembre 2016 sous l’égide de l’Eglise catholique.
« Je n’ai rien promis du tout ! Je souhaite organiser des élections aussi vite que possible », avait déclaré Joseph Kabila à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel en juin.
En juillet, le président de la Céni avait estimé qu’il n’était « pas possible » d’organiser les élections avant la fin de l’année en RDC.
Ex-allié de poids du président congolais, M. Katumbi est passé dans l’opposition en septembre 2015 après avoir démissionné de son poste de gouverneur de l’ancienne province minière du Katanga (sud-est).
Condamné en 2016 à trois ans de prison dans une affaire immobilière, M. Katumbi a fait appel. Le nouveau procès a été suspendu il y a quelques jours.