Kinshasa, 28 août 2017 (AFP)

Les médecins congolais ont durci lundi une grève entamée il y a plus d’un mois dans les hôpitaux publics, décidant de ne plus assurer que les urgences et dans quelques hôpitaux seulement, a-t-on appris de source syndicale.
« Nous avons radicalisé la grève avec une polarisation du service: les médecins ne consultent pas, on ne reçoit que les urgences » dans quelques hôpitaux où les malades sont orientés, a déclaré à l’AFP le Dr Jean-Robert Mankoy, président du Syndicat national des médecins (Synamed) de la République démocratique du Congo.
« Dans les villes qui comptent trois hôpitaux publics, on oriente les malades dans un seul hôpital tandis que des villes à 10 ou 20 hôpitaux, seuls deux hôpitaux recevront les urgences », a-t-il expliqué.
Cependant, « les banques de sang et le service de dialyse continuent à fonctionner » de même que les hôpitaux de l’armée et de la police.
Cette nouvelle forme de la grève sera observée jusqu’au 2 septembre. Après évaluation, « on oriente le mouvement: soit on continue la polarisation soit on passe à une grève totale », si le gouvernement n’agit pas, a-t-il averti.
Cette grève vise à mettre le gouvernement devant ses responsabilités sur la détérioration de la condition des médecins qui ont « perdu plus de la moitié de leur pouvoir d’achat », selon le Dr Mankoy.
Depuis le déclenchement de la grève le 21 juillet, « aucun accord n’a été trouvé » entre les médecins et « le gouvernement qui ne respecte pas le taux budgétaire dans la rémunération des médecins ».
La situation socio-économique est morose en RDC sur fond de la chute du franc congolais qui a perdu plus de 55% de sa valeur depuis le début de l’année par rapport au dollar, aggravant la situation sociale d’une population (entre 70 et 80 millions) majoritairement pauvre.
A une semaine de la rentrée scolaire, les enseignants du public menacent également de ne pas reprendre le chemin de l’école.