Bruxelles, 1 août 2017 (AFP)

La Commission européenne a appelé mardi des ONG récalcitrantes à signer un « code de conduite » controversé du gouvernement italien qui prévoit de réguler leurs activités de secours de migrants au large de la Libye.
Trois ONG internationales ont annoncé lundi leur adhésion à ce texte qui vise notamment à interdire aux ONG de s’approcher des eaux libyennes et de communiquer avec les passeurs, y compris via toute forme de signaux lumineux. Ce code exige aussi la présence d’un policier à bord.
Mais deux autres ONG, dont Médecins sans frontières (MSF), l’ont rejeté.
« L’idée d’un code de conduite a été soutenu de façon unanime par les ministres de l’Intérieur » des 28 Etats membres de l’UE, a rappelé mardi Natasha Bertaud, une porte-parole de l’exécutif européen, au cours d’un point presse.
« Nous appelons à la plus grande participation possible et nous espérons que d’autres ONG pourront signer elles aussi ce code bientôt », a ajouté Mme Bertaud.
Ce code « apportera plus de clarté à tous les acteurs sur les pratiques de travail et assurera aux navires des ONG qu’ils pourront accéder aux ports italiens » pour y déposer les migrants secourus « s’ils adhèrent à certains principes et standards opérationnels, en conformité avec le droit international », a-t-elle insisté.
L’organisation MSF a motivé son refus par le fait qu’elle n’avait pas obtenu des autorités les « garanties suffisantes sur le port d’armes à bord de (ses) navires par des policiers italiens ».
L’ONG allemande Jugend Rettet a également refusé de souscrire à ce code de conduite.
Trois ONG – « Save the children », « Moas » et « Proactiva Open Arms » – ont de leur côté annoncé leur adhésion.
« Cette mesure contribue à une meilleure gestion des flux migratoires en Méditerranée centrale. Nous devons tous travailler ensemble pour casser le business des passeurs et empêcher les morts de migrants en mer », a estimé Mme Bertaud, en rappelant le « soutien » continu de la Commission à cette initiative de Rome.
Depuis 2015, jusqu’à une douzaine de navires humanitaires privés patrouillent au large de la Libye.
Selon les gardes-côtes italiens, ils ont réalisé 26% des opérations de secours en 2016 et 35% cette année, aux côtés de bateaux italiens, européens et commerciaux.
Profitant de leur présence au plus près des eaux libyennes, les passeurs ont commencé l’année dernière à envoyer des embarcations toujours plus fragiles et surchargées sans même plus se préoccuper de fournir aux migrants de l’eau, du carburant ou un téléphone satellitaire pour les appels de détresse.