Dakar, 5 avr 2017 (AFP)

La justice sénégalaise a rejeté la demande de remise en liberté provisoire du maire de Dakar, Khalifa Sall, inculpé et écroué pour détournement de fonds publics, a annoncé mercredi à l’AFP un de ses avocats.
Khalifa Sall, maire de Dakar depuis 2009 et probable candidat à l’élection présidentielle de 2019 contre le chef de l’Etat Macky Sall, doit répondre de dépenses « non justifiées » de plus de 2,7 millions d’euros prélevés sur plusieurs années, selon la justice, dans les caisses de sa mairie.
Il est depuis le 7 mars en détention préventive à Dakar.
Le juge d’instruction a « pris le lundi 3 avril » deux ordonnances, dont une « pour rejeter la demande de liberté provisoire » pour Khalifa Sall déposée le 23 mars par ses avocats, a affirmé Me Seydou Diagne, un de ses conseils. Me Diagne a précisé avoir « fait appel » de cette décision lundi, veille de la fête nationale.
Dans une seconde ordonnance, le juge a « clôturé l’information » sur le dossier Khalifa Sall, a-t-il ajouté. Avec la clôture de l’information, le maire de Dakar devrait prochainement soit bénéficier d’un non-lieu, soit être renvoyé devant un tribunal pour un procès.
Khalifa Sall, responsable du Parti socialiste (PS), une formation membre de la majorité présidentielle, est accusé « d’escroquerie portant sur des deniers publics, de détournement de deniers publics, d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux », ce qu’il nie.
Ses partisans imputent ses déboires judiciaires à son statut de dissident du PS et de la majorité présidentielle, des soupçons rejetés par les responsables du pouvoir.
Khalifa Sall a présenté à Dakar une liste dissidente victorieuse aux élections locales de 2014. Il a ensuite multiplié les critiques contre la coalition présidentielle, appelant notamment à voter non au référendum constitutionnel du 20 mars 2016.
Récemment, il a annoncé une liste distincte de celle de la majorité aux élections législatives prévues le 30 juillet.