Nations unies (Etats-Unis), 17 oct 2017 (AFP)

Le gouvernement du Soudan du Sud a montré peu d’appétence pour une nouvelle initiative de paix régionale, décrite par Washington comme une dernière chance d’en finir avec la guerre, a déclaré mardi le secrétaire général adjoint pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix.
« La réponse du gouvernement a été tiède », a déploré devant le Conseil de sécurité ce responsable, en évoquant un « forum de revitalisation » de l’accord de paix de 2015 initié par sept pays de la région sous la direction de l’Ethiopie.
Ce groupe a récemment rencontré le président sud-soudanais Salva Kiir et en Afrique du Sud le dirigeant rebelle exilé Riek Machar. Ce dernier ainsi que d’autres dirigeants de l’opposition ont aussi affirmé « un soutien prudent » à l’initiative, a indiqué Jean-Pierre Lacroix.
« Le conflit au Soudan du Sud est un conflit créé par l’homme et ce sont les dirigeants du Soudan du Sud qui en ont la responsabilité », a-t-il aussi dit en réclamant « une véritable volonté politique afin de mettre fin aux opérations militaires » et « aboutir à une paix pérenne dans le pays ».
Le Soudan du Sud est plongé depuis décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts, alimentée par une rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Le conflit a éclaté seulement deux ans et demi après l’indépendance du pays acquise en juillet 2011 grâce au soutien des Etats-Unis.
L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, doit se rendre prochainement à Juba pour faire pression sur les belligérants.
Jean-Pierre Lacroix a aussi dénoncé la poursuite des entraves à l’aide humanitaire apportée par la mission de l’ONU Minuss, qui compte quelque 13.400 membres, incluant Casques bleus, policiers et civils.
« Sans réduction du conflit et sans amélioration des accès, les indicateurs humanitaires risquent de se détériorer davantage », a averti Jean-Pierre Lacroix. « Plus de deux millions de personnes ont fui depuis le début du conflit en 2013. Plus d’un million de personnes se trouvent désormais en Ouganda » et « d’autres ont quitté récemment le pays pour se rendre en Ethiopie et au Soudan. De plus, 1,9 million de personnes sont déplacés internes », a-t-il détaillé.
« Avec le retour de la saison sèche d’ici la fin de l’année, les mouvements de population, en particulier les flux de réfugiés, risquent de s’accélérer de nouveau », alors que « tout retour important de réfugiés, ou de déplacés internes reste peu probable », selon lui.
Le nombre de personnes au Soudan du Sud ayant besoin d’aide est estimé à 7,6 millions par l’ONU,