Tunis, 4 mai 2017 (AFP)

Le chef de l’Instance nationale de lutte contre la corruption en Tunisie, Chawki Tabib, a dénoncé jeudi la « complicité » de certains organismes de l’Etat dans la contrebande pratiquée dans les régions frontalières.
« Le volume de ce type de corruption (la contrebande, ndlr) n’en serait pas arrivé à ce stade sans la complicité de certaines parties au sein de l’Etat, au sein du gouvernement, au sein des institutions de l’Etat tunisien », a déclaré M. Tabib à la radio Jawhara FM, sans nommer ces « parties ».
La contrebande « est la principale source de financement des groupes terroristes », a-t-il averti, en appelant le chef du gouvernement Youssef Chahed à mettre en place « une chambre d’opérations commune » aux ministères de l’Intérieur, de la Défense et du Commerce pour « combattre ce phénomène ».
Contacté par l’AFP, M. Tabib a affirmé -sans l’identifier- qu’un ancien Premier ministre tunisien lui avait raconté qu’un scanner avait été délibérément désactivé au poste de Ras Jedir, à la frontière avec la Libye, pour des voitures et des camions entrant en Tunisie « en échange d’un pot-de-vin ».
La corruption est perçue en Tunisie comme un des principaux freins à la relance de l’économie, six ans après le soulèvement contre la dictature de Zine El Abidine Ben Ali qui avait été nourri entre autres d’un ras-le-bol contre ce fléau.