Johannesburg, 6 nov 2017 (AFP)

L’éditeur d’un livre explosif sur la corruption au sein du gouvernement du président sud-africain Jacob Zuma a refusé lundi de retirer l’ouvrage de la vente et de supprimer des passages, comme l’exigeaient les services secrets sud-africains.
« Votre affirmation selon la quelle le livre +regorge d’inexactitudes+ n’est pas étayé » par le moindre élément, a estimé la maison d’édition Tafelberg dans une lettre adressée par ses avocats à l’Agence de sécurité d’Etat.
« Votre demande pour un retrait de « +tous ces passages qui ne sont pas exacts+ est par conséquent déplacé », a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, « exposer les preuves de la criminalité » au sein des services secrets « ne peut en aucun cas compromettre les opérations légitimes de l’agence ou la sécurité de l’Etat », a encore fait valoir Tafelberg.
« La publication du livre était justifiée et légale au regard du droit constitutionnel à la liberté d’expression », a estimé la maison d’édition.
La semaine dernière, les services secrets sud-africains avaient exigé le retrait de l’ouvrage et menacé, en cas de refus, de saisir la justice.
« The President’s Keepers » (« Les Gardiens du président »), paru le 29 octobre et écrit par le journaliste sud-africain d’investigation Jacques Pauw, détaille comment d’importantes sommes d’argent public ont été transférées sur les comptes bancaires de faux espions.
Le livre, sous-titré « Ceux qui maintiennent Zuma au pouvoir et loin de la prison », révèle aussi comment le président se débarrasse de ses adversaires pour rester au pouvoir.