Posted On septembre 6, 2017 By In Non classifié(e) With 407 Views

Vaste remaniement ministériel en Tunisie pour “une nouvelle impulsion”

Tunis, 6 sept 2017 (AFP)

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a largement remanié son équipe mercredi pour donner “une nouvelle impulsion” à un pays toujours en difficulté, notamment sur le plan économique, malgré des éclaircies.
Onze ministres font leur entrée à l’occasion de ce nouveau remaniement, notamment à l’Intérieur, à la Défense, à la Santé et au Transport, et deux –membres du parti islamiste Ennahdha– changent de portefeuille.
Trois des nouveaux arrivants ont été ministres sous le dictateur déchu Zine El Abidine Ben Ali, renversé par une révolution en 2011.
– ‘Gouvernement de combat’ –
En fonctions depuis une année –et la formation d’un gouvernement dit “d’union nationale”–, Youssef Chahed a décrit “un gouvernement de combat” qui “continuera à mener les mêmes batailles: guerre contre le terrorisme, guerre contre la corruption, guerre pour la croissance, contre le chômage et les inégalités régionales”.
“Toutes les décisions et mesures nécessaires seront prises pour l’emporter sur tous ces fronts”, a-t-il assuré en présentant sa nouvelle équipe.
M. Chahed a détaillé la liste des nouveaux membres de son gouvernement après un entretien avec le président Béji Caïd Essebsi, suite à des consultations ces dernières semaines avec plusieurs partis, la centrale syndicale UGTT et le patronat Utica.
Les portefeuilles des Finances et de l’Education, provisoirement gérés par d’autres ministres depuis le limogeage de leurs titulaires contestés le 30 avril, ont été pourvus.
Le nouveau ministre des Finances, Ridha Chalghoum, est le directeur de cabinet de M. Chahed et l’ex-conseiller économique du chef de l’Etat. M. Chalghoum fut ministre des Finances sous Ben Ali.
Le nouveau titulaire de l’Education, Hatem Ben Salem, a lui aussi occupé le même poste sous la dictature.
Un ancien ministre de la Défense, Abdelkrim Zbidi, reprend ce poste et remplace l’universitaire Farhat Horchani, tandis que le ministre de l’Intérieur Hédi Majdoub est remplacé par Lotfi Brahem. De formation militaire, M. Brahem a dirigé la Garde nationale (gendarmerie) selon des médias.
Nommé à la Défense juste après la chute de Ben Ali, M. Zbidi était resté en poste de 2011 à 2013, sous les gouvernements de M. Caïd Essebsi (alors Premier ministre) puis d’Ennahdha. Mais il avait refusé de rester au gouvernement à la suite de la crise politique déclenchée par l’assassinat de l’opposant de gauche Chokri Belaïd le 6 février 2013.
Il avait alors fustigé la classe politique, incapable selon lui de sortir la Tunisie de la crise.
Parmi les secrétaires d’Etat, l’ancienne PDG de la compagnie aérienne nationale Tunisair, Sarra Rejeb, a été nommée secrétaire d’Etat auprès du ministre du Transport.
– Difficultés –
“Ce remaniement se produit un an après la formation du gouvernement et après évaluation du travail de ses ministères. Certains n’ont pas donné le rendement souhaité, d’où la nécessité de ce changement pour donner une nouvelle impulsion, pour la relance de l’économie tunisienne, pour faire bouger les choses”, a dit à l’AFP un responsable gouvernemental sous le couvert de l’anonymat.
Ce remaniement était très attendu et les scènes politiques et médiatiques bruissaient depuis plusieurs semaines de spéculations sur les portefeuilles concernés par le remaniement et les exigences des divers partis.
Youssef Chahed, le plus jeune chef de gouvernement depuis l’indépendance du pays en 1956, est issu de Nidaa Tounès, parti fondé par le président Essebsi.
L’été dernier, il avait été chargé de former un gouvernement dit “d’union nationale” pour remplacer le cabinet précédent, critiqué pour “inefficacité” notamment en termes d’économie.
Dans un tout récent entretien au magazine Leaders, M. Chahed a indiqué avoir préparé “tout un plan de relance économique”.
“C’est le redressement des finances publiques qui exige une priorité absolue, tout comme la balance commerciale et les entreprises publiques en difficulté”, a-t-il ajouté.
Malgré “des signes de détente” selon les autorités, la Tunisie peine toujours à faire redémarrer son économie et le chômage reste élevé, notamment chez les jeunes.
Le gouvernement “doit se donner pour objectif de faire sortir la Tunisie de la crise dans laquelle elle se trouve”, a dit le président Essebsi dans un entretien publié mercredi par le quotidien La Presse. Le remaniement “pourrait constituer le dernier espoir pour remettre les pendules à l’heure”, a-t-il averti.

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