par Ali Hassan
Israël a visé des positions du Hezbollah à Beyrouth après des tirs de missiles et de drones revendiqués par le mouvement en représailles à la mort de Khamenei, tandis que l’Iran a lancé une nouvelle salve contre Israël et que le conflit a déclenché explosions, interceptions et nouvelles alertes sécuritaires à travers le Golfe
La guerre déclenchée par les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran s’est brutalement élargie lundi, Israël étendant sa campagne militaire au-delà du territoire iranien pour frapper le Hezbollah au Liban. Le mouvement chiite, soutenu par Téhéran, a annoncé avoir lancé des missiles et des drones vers Israël, qu’il a présentés comme une riposte à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
Selon les médias officiels libanais, des frappes israéliennes ont touché des sites liés au Hezbollah dans les banlieues sud de Beyrouth. Un premier bilan fait état de 31 morts et 149 blessés. Israël a affirmé viser des infrastructures du Hezbollah et a indiqué avoir également frappé des responsables de haut rang. Cet échange marque une escalade majeure, rouvrant un front resté relativement contenu depuis un cessez-le-feu négocié par les États-Unis en 2024.
Parallèlement, Israël a poursuivi ses frappes à l’intérieur de l’Iran. Reuters a rapporté des explosions dans plusieurs quartiers de Téhéran, tandis que les médias d’État iraniens ont indiqué qu’une attaque sur Sanandaj, dans la province du Kurdistan à l’ouest du pays, avait tué au moins trois personnes. La hiérarchie militaire israélienne a laissé entendre que les opérations contre le Hezbollah pourraient s’inscrire dans la durée. Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a déclaré que les combats pourraient se prolonger sur plusieurs jours et exigeraient une préparation défensive et offensive continue.
L’Iran, de son côté, a annoncé une nouvelle vague de tirs de missiles vers Israël. Peu après 7 heures du matin, des sirènes d’alerte ont retenti dans tout le pays, notamment à Tel-Aviv et à Jérusalem. Les médias d’État iraniens ont affirmé que des missiles étaient lancés depuis le centre de l’Iran vers des « positions ennemies », tandis que les Gardiens de la révolution ont revendiqué un ciblage du complexe gouvernemental israélien à Tel-Aviv, ainsi que de centres militaires et de sécurité à Haïfa et dans des zones de Jérusalem-Est. Ils ont déclaré que les attaques s’intensifieraient et que les sirènes en Israël « ne s’arrêteraient jamais ».
L’élargissement du conflit s’est reflété dans des incidents parallèles à travers la région. Le Koweït a annoncé avoir intercepté des drones hostiles, et l’ambassade américaine sur place a diffusé un avertissement appelant les personnes à se mettre à l’abri face à la menace de missiles et de drones. Des témoins de Reuters ont signalé un important déploiement de sécurité et de secours près de l’ambassade, et une vidéo obtenue par l’agence montrait de la fumée noire s’élevant à proximité. Des détonations ont également été entendues par des témoins de Reuters à Dubaï, à Doha et dans une zone proche d’Abou Dhabi.
À Chypre, une attaque de drone a touché dans la nuit la base britannique de la RAF à Akrotiri, selon le président chypriote et le ministère britannique de la Défense. L’incident a causé des dégâts limités sans faire de victimes, mais il a été présenté comme la première attaque contre cette base depuis 1986 — un signe supplémentaire de la rapidité avec laquelle le conflit déborde du théâtre Israël-Iran.
À Washington, l’exécutif a indiqué que la campagne se poursuivrait. Un haut responsable de la Maison-Blanche a déclaré à Reuters que, si le président Donald Trump pourrait à terme parler à une nouvelle direction potentielle en Iran, « l’opération Epic Fury se poursuit sans relâche ». Trump, dans des entretiens accordés durant le week-end, a laissé entendre que l’action américaine pourrait durer au moins quatre semaines.
En Iran, le récit indique que le président Masoud Pezeshkian a annoncé qu’un conseil de direction provisoire — composé de lui-même, du chef du pouvoir judiciaire et d’un membre du Conseil des gardiens — avait assumé les fonctions du guide suprême. Mais Téhéran a aussi affiché sa défiance : Ali Larijani, présenté comme un conseiller de Khamenei, a écrit sur X que l’Iran ne négocierait pas avec Trump.
Le coût humain augmente des deux côtés. Reuters a rapporté les premières pertes américaines confirmées dans cette campagne : trois militaires tués, deux responsables américains indiquant qu’ils sont morts sur une base au Koweït. Trump leur a rendu hommage comme à de « vrais patriotes américains », tout en avertissant que d’autres victimes étaient probables. Le reportage cite également un sondage Reuters/Ipsos selon lequel environ un Américain sur quatre seulement approuve l’opération — un élément qui accroît le risque politique d’une guerre prolongée.
Le conflit commence déjà à remodeler les marchés et la logistique mondiale. Reuters rapporte que les Gardiens de la révolution ont revendiqué des attaques contre des navires dans le Golfe et près du détroit d’Ormuz, tandis que des données maritimes montraient des centaines de bâtiments jetant l’ancre alors que les opérateurs évaluaient le danger de la traversée. Les grands aéroports du Moyen-Orient, dont Dubaï, restaient perturbés, amplifiant les annulations de vols dans le monde et pesant sur les valeurs aériennes en Bourse.
Malgré le choc de la mort de Khamenei et l’impression d’une décapitation partielle du commandement iranien, des analystes cités par Reuters ont mis en garde contre toute conclusion hâtive sur un effondrement du système. L’État clérical et les Gardiens de la révolution conservent une puissance institutionnelle profonde, et la séquence qui s’ouvre pourrait décider si la région glisse vers une guerre à fronts multiples — ou si, même étroit, un chemin de retour vers l’endiguement reste possible.
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